Aller au contenu principal

Les Safer veulent plus de régulation

Face à la mutation de l’agriculture (location et investissements extérieurs…), les Safer demandent un élargissement de leur pouvoir de régulation. Tel était le message de leur président Emmanuel Hyest, à l’occasion du congrès national.

file-Emmanuel Hyest, président de la FNSafer, souhaite que les établissements fonciers comprennent et accompagnent les nouvelles tendances.
Emmanuel Hyest, président de la FNSafer, souhaite que les établissements fonciers comprennent et accompagnent les nouvelles tendances.

Dans un contexte mondial où les «enjeux agricoles» sont «sacrifiés», les Safer ont un rôle «crucial», a rappelé Emmanuel Hyest, lors du congrès de la FNSafer le 3 décembre à La Rochelle. Ainsi, elles doivent mettre en œuvre une «régulation intelligente» pour aider les entreprises à s’adapter. Cependant, si la loi d’avenir a élargi le champ d’action des Safer, «il reste des trous béants», déplore leur président. Et le plus grand concerne les sociétés. «Quand le foncier change de main sous forme de parts de société, nous ne pouvons rien faire, dénonce Emmanuel Hyest, à moins que la totalité des parts ne se vende en une seule fois».

Lire également : L’agriculture, le maillon faible des négociation UE/USA

Dans la pratique, les Safer ont constaté de nombreux cas de vente à… 99%. Une bonne façon de contourner son pouvoir de contrôle. Mais les Safer ne plieront pas. Emmanuel Hyest prévient : «Les sociétés doivent être soumises à la même régulation que les autres exploitations. C’est un chantier ambitieux pour lequel la FNSafer déploiera la même stratégie de lobbying que pour la loi d’avenir !».

Spéculation et course au profit

Cette revendication traduit une inquiétude forte exprimée à maintes reprises lors du congrès : «l’accaparement des terres». «Il n’est pas ailleurs, il est chez nous, en France !», alerte Emmanuel Hyest. Car les Safer craignent que dans un contexte de course au profit, seules les grosses sociétés — les plus compétitives — soient en capacité d’accéder au foncier. Sans régulation, les Safer imaginent une agriculture où «la seule rentabilité se trouve dans la spéculation» avec «moins d’hommes et de femmes, moins d’interaction avec les territoires, plus de mécanisation et moins d’autonomie de gestion».

En bref, la fin programmée de l’exploitation familiale, qui a pourtant jusqu’à aujourd’hui conduit à une agriculture «diversifiée, performante économiquement, socialement et environnementalement». Les Safer sont convaincues qu’avec des moyens de contrôles adéquats, elles sont capables d’accompagner les agriculteurs français à maintenir une agriculture de qualité. D’ailleurs, se félicite la FNSafer, «une prise de conscience européenne et même mondiale est en marche. Ceux qui n’ont pas encore mis en place les outils de régulation y réfléchissent. Ils viennent rencontrer les Safer».

«À l’interface de nombreux acteurs économiques et aménageurs du territoire», la FNSafer veut accompagner une agriculture compétitive. «Ça ne veut pas dire produire au plus bas coût du monde ! Être compétitif ne conduit pas à un nivellement par le bas», Emmanuel Hyest en est convaincu.

Un gendarme désarmé…
Robert Levesque (FNSafer) a alerté l’assemblée sur le pouvoir déclinant des Safer. Avec l’évolution des pratiques (location et investissements extérieurs), le marché des terres libres — seul contrôlé par les Safer — tend à diminuer, a-t-il expliqué. Le président de l’APCA, Guy Vasseur, a rappelé que dans le contexte de modification des structures des exploitations agricoles, il est essentiel, «pour qu’il soit autonome et qu’il investisse», que l’agriculteur possède une partie de ses capitaux. Dans ce but, un levier fiscal «incitatif» serait tout indiqué.

 

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Le Sillon

Les plus lus

Tracteur, agriculteurs sur le boulevard des Pyrénées et un pont landais
Crise agricole : une semaine d’actions syndicales

Les FDSEA  et JA des Landes et des Pyrénées-Atlantiques ont mobilisé leurs troupes, avec des revendications communes au…

Le portail « voyageur » a retrouvé sa place devant les locaux de la DDTM

En l’espace de deux semaines, l’action conduite par le réseau FDSEA/JA a fait parler d’elle et a permis de mettre en exergue…

DNC : les fausses informations débunkées

De nombreuses fake news circulent sur les réseaux sociaux au sujet de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Voici quelques…

Les salariés de Grabé-Bidau devant le showroom
Grabé-Bidau, une entreprise familiale au service de l’agriculture depuis 60 ans

Créée en 1965 à Lombia (64) par Jean Grabé-Bidau et son épouse Marie-Thérèse, l’entreprise de mécanique agricole rayonne…

DNC : la levée de la ZR 6  lance une douce reprise des mouvements

C’est un premier soulagement pour les éleveurs du Sud-Ouest. Après plusieurs semaines de blocage, Robin Barbé, installé à…

Quand l’entrepreneuriat s’ancre dans son territoire

L’Ifocap Adour a donné la parole à deux jeunes femmes entrepreneures à Sauveterre-de-Béarn, qui se sont appuyées sur les…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 98€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site du Sillon
Consultez le journal Le Sillon au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal du Sillon