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Publié le : 10.01.2012
Prospective : les marchés agricoles devraient être bien orientés en 2020
Selon la Commission européenne qui vient de publier ses projections pour les marchés agricoles en 2020, les prix devraient rester fermes dans les années qui viennent pour la plupart des produits.
Après une période d’incertitudes, des perspectives favorables s’ouvrent pour les marchés agricoles. La croissance de la demande alimentaire mondiale combinée au développement des biocarburants en Europe offre de nouvelles opportunités pour les agriculteurs. Alors que la croissance de la productivité agricole observée dans le passé va continuer à s’essouffler.
Ainsi, pour les céréales, les marchés devraient rester tendus, avec des stocks qui resteraient à des niveaux relativement bas et des prix soutenus au-dessus de leur moyenne de long terme. La Commission estime, en effet, que la croissance de la production céréalière sera modérée dans les années qui viennent. Elle ne devrait atteindre que 305 millions de tonnes en 2020 du fait d’une progression des rendements moindre, de l’ordre de 0,5 % par an seulement et d’une stabilisation des surfaces de céréales.
Demande intérieure soutenue
Par ailleurs, Bruxelles s’attend à un accroissement de la demande intérieure de céréales, dopée par la production d’éthanol dont des développements importants sont attendus pour satisfaire aux objectifs fixés par la Directive de 2008 sur les énergies renouvelables.
La Commission prévoit également des transferts de production à l’intérieur de l’ensemble des céréales : une croissance de la part du maïs et blé tendre en hausse respectivement de 16 % et de 39 %, aux dépens des autres céréales et notamment de l’orge en repli de 21 %.
Tous les secteurs concernés
Des évolutions similaires sont attendues pour les oléagineux avec des perspectives favorables sur les besoins et les prix. Avec à la fois des projections de croissance de la production relativement faible du fait d’une croissance modérée des rendements et d’une extension modeste des surfaces et une demande soutenue stimulée par la production de biodiesel.
Sur le sucre, les prévisions sont mitigées. D’un côté, la production d’éthanol devrait stimuler la production de betteraves, de l’autre, dans la consommation alimentaire, la demande d’isoglucose est appelée à croître en remplacement du sucre de betterave, surtout dans la perspective d’une suppression des quotas en 2015.
Porcs et volailles en expansion
Coté viandes, la Commission européenne s’attend à une légère croissance de la production de l’ordre de 2,4 % en 2020. Mais avec des évolutions fortement divergentes selon les types de viande. Le recul annoncé de la production de viande bovine et de viande ovine, respectivement de 1,3 % et de 7,9 % est gommé par l’expansion de la production de porc et de volaille respectivement de 3,6 % chacune.
La croissance de la production de viandes blanches est essentiellement stimulée par la demande et d’abord celle de volaille. Il n’en reste pas moins que le porc est la viande préférée des Européens avec 41,6 kg par tête et par an, suivi de la volaille 23,6 kg, le bœuf et le veau, 15,8 kg et la viande ovine et caprine, 2 kg.
Demande mondiale au diapason
Enfin, et pour ce qui est du lait, les perspectives apparaissent également favorables. La Commission prévoit une poursuite de l’expansion de la demande mondiale de produits laitiers conséquence de l’augmentation de la population et de la croissance économique, combinée à une préférence accrue pour les produits laitiers notamment dans les pays émergents.
Dans l’Union européenne également, les projections pour la consommation de fromages et de produits laitiers frais sont bien orientées. Au final, la collecte laitière dans l’Union européenne devrait augmenter de 7 % sur la période 2009-2020.
Amélioration globale du revenu
Conséquence de la bonne tenue des marchés, le revenu agricole devrait s’améliorer dans les années qui viennent. Pour la Commission de Bruxelles, il devrait être supérieur de 9 % en 2020 à ce qu’il était sur la période 2007-2011. Mais ce gain global marque de fortes disparités. Alors qu’il baisserait de 3,5 % dans les 15 anciens Etats-membres, il progresserait de 35 % dans les douze nouveaux, essentiellement en Europe orientale.
À court terme, des cours toujours à la hausse
L’année 2012 commence par des denrées agricoles orientées à la hausse malgré une situation de crise toujours latente dans les pays industrialisés. Tous les observateurs ont les yeux braqués sur l’Amérique du Sud et les États-Unis qui subissent actuellement une période de sécheresse. Les prochains mois seront déterminants.
Marché tendu pour le maïs
Pour le maïs, les cours ont nettement progressé mais les aléas climatiques, notamment en Argentine, le deuxième exportateur mondial sont préoccupants. Le temps très sec devrait se traduire par des récoltes décevantes en Amérique du Sud. « Les cours du maïs ont nettement progressé, dans un contexte de bilan mondial qui reste très tendu et qui ne laisse que de peu de place à la moindre adversité climatique », constate Agritel dans sa lettre hebdomadaire.
Des opportunités de marché s’ouvrent donc à court terme mais il est « difficile de s’engager sur une production non encore semée dans l’hémisphère nord, notamment aux États-Unis », selon Agritel. Par ailleurs, le succès des agrocarburants comme l’éthanol obtenu à partir du maïs soutient la demande.
La production de blé touchée par la sécheresse
Le blé enregistre toujours des cours à la hausse car 40 % des zones de blé d’hiver aux États-Unis sont touchées par la sécheresse classifiée de « sévère à exceptionnelle », indique Agritel. Pour assurer le développement des cultures au printemps prochain, des précipitations seront nécessaires pour les céréales à paille. Selon Agritel, « les conditions climatiques sèches observées sur le continent sud-américain en lien avec le développement de la Nina touchent également les États-Unis. »
Pour les oléagineux, la hausse des cours est en partie due au pétrole. En effet, celui-ci fait les frais d’une situation géopolitique tendue. La situation de l’agriculture reste corrélée au prix du baril de pétrole qui tourne actuellement autour de 100 dollars. La menace de l’Iran de bloquer le détroit d’Ormuz étant prise au sérieux par les pays occidentaux.
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