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Publié le : 07.02.2012
La FNB se prononce en faveur d’une relance de la production
La Fédération nationale bovine appelle de ses vœux un plan stratégique de relance de la production de viande bovine. Objectif: ne pas rater les nouveaux débouchés qui s’ouvrent à l’exportation du fait du retrait de l’Argentine et du Brésil des marchés internationaux.
Après quatre années successives de crise, l’espoir renaît chez les éleveurs de bovins viande. À son assemblée générale qui se tient les 8 et 9 février à Strasbourg, la Fédération nationale bovine (FNB) se prononcera pour la relance de la production. En effet, l’ouverture de nouveaux marchés aux jeunes bovins français sur le pourtour méditerranéen qu’il s’agisse de la Turquie, mais aussi du Liban, de la Tunisie, de l’Algérie, du Maroc et peut-être de l’Égypte offre de nouvelles perspectives aux éleveurs. Sans parler de la Russie, du Kazakhstan et même du Japon.
Situation privilégiée
La France se trouve aujourd’hui bien placée pour prendre la place des exportateurs traditionnels défaillants, l’Argentine et le Brésil qui préfèrent retourner les prairies et abandonner l’élevage et l’Australie paralysée par des conditions météorologiques défavorables.
Découragés par les difficultés de trésorerie aggravées par la sécheresse, les éleveurs ont procédé à une décapitalisation massive de leur cheptel. La FNB évoque 100.000 vaches allaitantes en moins l’an dernier (soit une réduction du troupeau de 2,2%) donc des veaux qui ne naîtront pas. Et si le mouvement ne s’inverse pas dans les années qui viennent, les éleveurs français seront dans l’incapacité de répondre à une demande de viande de bœuf croissante. Selon l’OCDE et la FAO, la consommation devrait croître de 14,5 à 15% dans le monde dans les dix ans qui viennent.
Vieillissement des éleveurs
D’où la proposition d’un plan «stratégique» de relance de production qui passe d’abord par un appui déterminé des pouvoirs publics à l’installation des jeunes. En effet, selon l’Institut de l’élevage, la tendance au vieillissement des chefs d’exploitation est inscrite dans les statistiques. «À l’horizon 2014, 50% des éleveurs auront plus de 50 ans en 2014 contre moins de 20% pour la tranche d’âge de moins de 40 ans», explique Jean-Pierre Fleury, le secrétaire général de la FNB. La FNB devrait proposer un nouveau mode de transmission des exploitations pour faire face à la reprise de capitaux extrêmement lourds en élevage bovin (foncier, matériel, mais aussi cheptel).
Copie à revoir
Avant d’appeler de ses vœux un renforcement du plan de modernisation des bâtiments d’élevage «qui s’essouffle», un relèvement significatif des seuils des installations classées (de 400 à 800 places) et la mise en place d’une contractualisation pour sécuriser le revenu des engraisseurs. L’organisation syndicale se prononce également contre «la sanctuarisation des prairies permanentes qui amène les éleveurs à la catastrophe». Notamment quand la sécheresse prive les éleveurs de ressources fourragères. Aussi propose-t-elle de faire rentrer «les prairies permanentes dans la rotation».
Manque de courage de l’Europe
Bien entendu, la réforme de la PAC sera aussi au cœur des préoccupations des éleveurs. Et ce d’autant plus qu’ils «ne s’y retrouvent pas» dans les propositions de Dacian Ciolos. À l’incertitude sur le budget s’ajoutent des propositions inadaptées à l’élevage bovin. Qu’il s’agisse des dispositifs de gestion de marché «nettement insuffisants» pour faire face à la volatilité des prix, des mécanismes assurantiels proposés ou de découplage total des aides, notamment de la PMTVA.
Sur ce sujet, Pierre Chevalier dénonce avec véhémence «un manque de courage de l’Europe», en laissant le choix aux différents pays du couplage ou découplage. Ce qu’il préconise, c’est un dispositif couplé établi sur de nouvelles références prenant en compte les vaches réellement présentes, à la place des références historiques qui vont être abandonnées. Le seul moyen pour lui d’éviter la décapitalisation…
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