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Publié le : 16.11.2012

Résoudre la crise des vocations agricoles

À l’heure où le gouvernement discute des aides à la compétitivité des entreprises, la FNSEA mène une action d’envergure dans les départements. Co-organisée par la FRSEA Aquitaine et la FDSEA de Dordogne, la journée consacrée à l’emploi agricole, le 6 novembre à Monbazillac, a fait intervenir des responsables nationaux du syndicat pour évoquer le recrutement en milieu rural, les coûts du travail et la compétitivité en agriculture.

La compétitivité des entreprises agricoles et l’emploi en milieu rural étaient les thèmes du colloque organisé par la FNSEA le 6 novembre à Monbazillac (Dordogne). © Périgord Hebdo

Plusieurs raisons obligent les professionnels à se pencher sur l’avenir de l’agriculture par le prisme de l’emploi. Ce secteur d’activité reste éminemment important en Aquitaine, avec plus de 43.000 exploitants, 127.000 emplois, 5 milliards d’euros de chiffres d’affaires

Si la matinée de la journée organisée par la FNSEA, le 6 novembre à Monbazillac, était consacrée au coût du travail et à la compétitivité, l’après-midi a mis en lumière les difficultés de recruter en agriculture. «On parle souvent de l’agriculture quand elle a des difficultés, note le président de la FRSEA, Henri Bies-Péré. Il faut surtout qu’on en parle en tant qu’activité qui peut contribuer demain à la grandeur et à l’équilibre économique et social de notre pays». Dans ce contexte, la journée a permis d’engager des débats constructifs entre les nombreux participants.

Promotion des métiers agricoles

Anne Chambaret, de la commission emploi de la FNSEA, s’est fait le relais des actions menées par son syndicat pour promouvoir des métiers agricoles auprès des plus jeunes: fermes ouvertes et mallette pédagogique à l’attention des écoliers et collégiens…

Jacky Massoulard, représentant le syndicat de salariés CGC (Confédération générale des cadres), estime de son côté que les métiers agricoles pourraient bénéficier de vraies campagnes de recrutement comme la Gendarmerie ou l’Armée. Anne-Marie Cocula, vice-présidente de la Région, a souligné le soutien de sa collectivité en faveur des lycées agricoles. Elle signale l’existence à Bordeaux de l’Agence Aquitaine Cap métiers dédiée à l’orientation qui pourrait accompagner les agriculteurs dans leurs actions de sensibilisation.

Paroles de salariés

Certains secteurs agricoles ont moins de mal à embaucher, mais ils peinent à trouver une main-d’œuvre qualifiée. Denis Lurton, viticulteur du Bordelais et président de la commission régionale emploi de la FRSEA Aquitaine, estime qu’«il ne faut pas craindre d’embaucher des gens qui ne sont pas du milieu et de les former». Dans la salle, Corinne Lartheaume, salariée à Saint-Émilion, représentant la CFDT, souligne que «si les saisonniers restent le vivier de l’agriculture, sans CDI, pas d’accès au logement».

Un agriculteur des Landes reproche aux lycées agricoles de n’avoir pas su conserver «des filières dédiées à la production qui donnaient les bases de la technicité dont on a de plus en plus besoin sur les exploitations agricoles». «L’agriculture n’est pas une voie de garage», renchérit cet agriculteur girondin. «Les normes qu’on nous impose sur une ferme nous demandent de recruter à un très haut niveau, or nous ne pouvons pas assumer les coûts d’une main-d’œuvre qualifiée», souligne Daniel Duperret, viticulteur à Monbazillac.

Pérenniser des emplois

Bertrand Demier, représentant la CGPME, souligne qu’en artisanat comme en agriculture, les freins à l’emploi pourraient être levés par une meilleure structuration des filières: «les clusters, notamment dans l’agroalimentaire peuvent créer des opportunités d’emplois». Les groupements d’employeurs ruraux sont cités également comme une solution pour pérenniser l’emploi.

Henri Bies-Péré, président de la FRSEA, a conclu sur un nécessaire soutien des pouvoirs publics pour trouver les compétences en adéquation avec les besoins et pouvoir les rémunérer. «L’agriculture doit bénéficier d’investissements en recherche et innovation, en matière de modernisation et en matière de services en milieu rural».

Si certains handicaps ont été pointés du doigt, les professionnels veulent aussi mettre en avant d’indéniables atouts. «Rappelons que l’agriculture possède une convention collective ainsi que des complémentaires spécifiques qui placent les salariés de l’agriculture dans de meilleures situations que la plupart des secteurs économiques», indique le président de la FRSEA.

Coût du travailAu sein de la problématique de l’emploi, le coût du travail reste un sujet majeur. À ce titre, Henri Bies-Péré note la nécessité «d’alléger le coût du travail et pour les pouvoirs publics d’investir dans l’agriculture… car l’agriculture évolue dans un contexte de moins en moins régulé qui lui demande d’être à un niveau de compétitivité lui permettant d’être présente sur les marchés nationaux et à l’export». Et d’ajouter, «notre objectif est d’améliorer autant que possible la rémunération de nos salariés, leur permettre d’évoluer, améliorer encore les conditions de travail et de couverture complémentaire…»