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Publié le : 05.10.2011
Les agriculteurs se portent mieux que le reste des Français
Une enquête réalisée auprès des assujettis à la MSA arrive à la conclusion que les agriculteurs, les salariés agricoles, actifs et retraités, hommes et femmes confondus, sont en meilleure santé que le reste de la population.
Les agriculteurs et les salariés agricoles sont en meilleure santé que le reste de la population française. Ces résultats, apparemment surprenants, sont révélés par l’enquête Agrican (pour agriculture et cancer) menée auprès des assujettis de la MSA (actifs et retraités) (lire zoom). Ils montrent une nette sous mortalité de la population agricole comparativement à la population générale du même âge et du même département.
Une première analyse porte sur les causes des décès observés dans la population agricole au cours de la période 2006-2009. Les auteurs de l’étude ont pu identifier que les agriculteurs et les salariés avaient une plus grande espérance de vie que la population générale.
Alzheimer, Parkinson, infarctus : moins de risques
Par exemple, les hommes et les femmes de la cohorte ont respectivement moins de risque de décéder d’une maladie d’Alzheimer ou de Parkinson (-31 % et -36 %), d’un infarctus ou d’un accident vasculaire cérébral (-29% et -23 %) ou d’une maladie respiratoire (-34 et -36 %). Seuls, les suicides apparaissent plus fréquents chez les femmes (+30 %), alors que leur occurrence est quasiment identique chez les hommes (-1 %).
Moins touchés par les cancers
Idem pour les cancers. L’enquête Agrican montre que le risque de décéder de cette pathologie est respectivement de -27 % et -19 % moins élevé chez les hommes et les femmes de la population agricole que pour le reste de la population française.
Notamment pour la mortalité des cancers liés au tabagisme en particulier ceux du larynx, de la trachée, des bronches et des poumons (-50 % pour les hommes et - 40 % pour les femmes) ou de la vessie (-42 % et -40 % respectivement).
Par ailleurs les femmes de la cohorte ont également moins de risque de décéder d’un cancer du col de l’utérus (-28 %), de l’utérus (-31%), du sein (-25 %) et de l’ovaire (-11 %).
Une meilleure hygiène de vie
Cependant il apparaît une légère surmortalité pour les mélanomes malins de la peau (+1 % chez les hommes et +6 % chez les femmes). Un résultat qui s’explique, selon l’étude, par le travail en plein air des agriculteurs et de leurs salariés. À noter également une légère surmortalité des femmes pour les cancers de l’œsophage (+8 %), de l’estomac (+5 %) et du sang (+2 %).
Selon l’étude, la moindre exposition des travailleurs de la terre à ces pathologies provient d’une meilleure hygiène de vie. Surtout ils fument moins que le reste de la population. Du moins pour les exploitants agricoles (ce qui n’est pas le cas pour les salariés agricoles).
Dépistages plus précoces
En tout cas, 76 % des femmes et 42 % des hommes de la cohorte Agrican n’ont jamais fumé. Alors que ce facteur de risque est très important dans l’ensemble de la population. Il est aujourd’hui reconnu que 50 % des fumeurs réguliers vont mourir à cause de leur tabagisme, par cancers, mais aussi par maladies cardiovasculaires ou encore par maladies respiratoires. L’étude estime aussi que les travailleurs de la terre bénéficient en règle générale d’une prise en charge précoce de leurs pathologies ce qui conditionne favorablement les chances de guérison.
A contrario, les facteurs de risques liés aux pesticides et à l’ensoleillement expliquent très certainement la légère sur mortalité par mélanomes malins de la peau.
180.000 assurés suivis pendant 15 ans Cette enquête, lancée en 2005 et appelée à se poursuivre jusqu’en 2020, suit une cohorte de 180.000 assurés agricoles actifs et retraités, âgés de 20 à 105 ans, ayant cotisé au moins trois ans à la MSA sur douze départements représentatifs des productions agricoles métropolitaines : Calvados, Côte d’Or, Doubs, Gironde, Isère, Loire-Atlantique, Manche, Bas-Rhin, Haut-Rhin, Somme, Tarn et Vendée.
Coordonnée par Pierre Lebailly, cette enquête est menée par le Groupe régional d’études sur le cancer de l’Université de Caen, par le Centre de lutte contre le cancer François Baclesse, la Mutualité sociale agricole, l’Institut de santé publique d’épidémiologie et de développement et le réseau des registres des cancers.
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