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Publié le : 02.12.2011
Un plan pour réduire de 25 % les antibiotiques en élevage
Le ministère de l’Agriculture a lancé officiellement, le 17 novembre, un plan en 40 mesures visant à réduire de 25 % en cinq ans l’utilisation des antibiotiques en médecine vétérinaire.
Il y a un plan de réduction de 50 % des pesticides d’ici 2018 dans le cadre du plan Ecophyto 2018. Le ministère de la Santé a élaboré un plan national de diminution de l’utilisation des antibiotiques en médecine humaine. Désormais la médecine vétérinaire est concernée avec son premier plan national pour réduire l’antibiorésistance a indiqué Jean-Luc Angot, directeur adjoint de l’alimentation, en charge du dossier au ministère de l’Agriculture.
Annoncé début 2011 par Bruno Le Maire, ce plan national de réduction des risques d’antibiorésistance en médecine vétérinaire a été lancé officiellement le 17 novembre par le ministère de l’Agriculture. Il vise à réduire de 25 % l’utilisation des antibiotiques dans les cinq ans qui viennent, tout en préservant de manière durable l’arsenal thérapeutique à la disposition des professionnels, vétérinaires et éleveurs notamment.
40 mesures
Pas moins de 40 mesures sont prévues réparties en cinq axes. Le premier porte sur la promotion de bonnes pratiques ainsi que la sensibilisation des acteurs aux risques liés à l’antibiorésistance. Ainsi par exemple, un guide des bonnes pratiques de la prescription d’antibiotiques pour les vétérinaires sera élaboré. Chez les éleveurs, les visites sanitaires qui se pratiquent couramment dans les ateliers bovins seront étendues aux élevages porcins et avicoles.
Deuxième axe, le développement de pratiques permettant d’éviter les recours systématiques aux antibiotiques. Jean-Luc Angot a ainsi évoqué l’encouragement à la vaccination et à la recherche de nouveaux antibiotiques, et la vulgarisation de techniques alternatives notamment.
Ambitions internationales
Troisième axe, l’encadrement et la réduction des pratiques à risque en limitant par exemple la prescription des antibiotiques « critiques » dont il faut préserver l’efficacité pour l’homme. Parmi les mesures prévues, la limitation du recours à certains types d’antibiotiques comme les fluoroquinolones chez les bovins, très utilisées pour le traitement des diarrhées néonatales, l’interdiction des céphalosporines sur les porcelets et les poussins, notamment à titre préventif.
Également prévu l’encadrement des pratiques commerciales liées à la vente des antibiotiques qui lient souvent des vétérinaires aux laboratoires pharmaceutiques. Un décret en ce sens devrait être publié prochainement. Dans le viseur aussi la limitation des marges sur la vente d’antibiotiques par les vétérinaires et le renforcement des contrôles.
Suivi renforcé
Le quatrième axe vise à renforcer le suivi de la consommation des antibiotiques. Ainsi il sera créé un observatoire au sein de l’Anses sur leur utilisation et des enquêtes seront menées auprès d’échantillons représentatifs de vétérinaires et d’éleveurs pour repérer les types d’élevage les plus gros consommateurs d’antibiotiques.
Enfin le cinquième axe vise à faire prévaloir les orientations françaises dans les enceintes internationales. Parce que la lutte contre l’antibiorésistance ne peut se limiter à notre territoire. C’est déjà en cours à Bruxelles, avec l’annonce quasiment simultanée des orientations du Commissaire à la santé et à la politique des consommateurs John Dalli.
Les douze orientations qu’il propose rejoignent les préoccupations françaises. Mais la partie sera plus difficile au sein de l’Office international de la santé animale (OIE). Comme elle l’a déjà décidé depuis plusieurs années, la France souhaite que l’usage des antibiotiques comme facteur de croissance soit interdit partout dans le monde. Car selon Jean-Luc Angot, la principale cause de l’antibiorésistance est l’utilisation généralisée des antibiotiques dans l’alimentation des animaux.
Lutte contre l’antibiorésistance : le plan de Bruxelles
En même temps que la France, la Commission de Bruxelles a annoncé le 17 novembre son plan quinquennal de lutte contre la résistance aux antimicrobiens, les antibiotiques mais aussi les désinfectants, les antiseptiques et autres produits d’hygiène. Moins précis que le plan français, les douze orientations préconisées portent non seulement sur la médecine humaine mais également vétérinaire.
Comme en France, John Dalli, le commissaire européen à la santé et la politique des consommateurs espère réduire l’usage des antibiotiques et promouvoir une utilisation raisonnée de façon à préserver l’arsenal thérapeutique. « On doit agir avec détermination si on veut éviter de perdre des médicaments antimicrobiens indispensables pour traiter les infections bactériennes tant chez l’homme que chez les animaux » a-t-il indiqué.
Renforcement de la législation
Ainsi propose-t-il pour ce qui est de la santé animale de renforcer la législation dans le domaine des médicaments vétérinaires et des aliments médicamenteux pour animaux, d’élaborer des recommandations pour une utilisation plus avisée des antimicrobiens en médecine vétérinaire. Au programme également la prévention des infections chez les animaux grâce à de meilleures pratiques d’élevage et l’amélioration de la surveillance de la résistance aux antimicrobiens.
La Commission publiera un rapport en 2015 sur les progrès réalisés et les lacunes constatées et pourrait donc, au vu des conclusions du rapport, aller plus loin, en révisant le cadre européen en la matière. Selon Bruxelles, chaque année 25 000 personnes meurent en Europe à la suite d’infections provoquées par des bactéries résistantes aux médicaments.
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